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Risque de cancer important chez les pompiers ?

Risque de cancer important chez les pompiers ?

Au cours des étapes de déblaiement, de nettoyage des tenues de lutte contre l'incendie et des ARI (Appareils Respiratoires Isolants), les sapeurs pompiers peuvent absorber, soit par voie cutanée ou par inhalation, des HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques), du benzène, du formaldéhyde et d’autres composés organiques volatils, dont quelques-uns figurent parmi les substances classées cancérogènes pour l’humain par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer).

L’exposition des sapeurs pompiers à ces substances a donc provoqué de nombreuses interrogations quant à de possibles associations entre leur activité professionnelle et l'apparition de certains cancers.

Sous la direction du chercheur Paul G. Brantom, une équipe scientifique a consulté plus de 600 articles sur l’exposition et l’épidémiologie relatives au cancer chez les sapeurs pompiers publiés entre 2007 et 2017. Parmi elles, 11 études concernent spécifiquement les sapeurs pompiers, auxquelles s’ajoutent 14 études effectuées sur des sièges de cancer particuliers.

Ces travaux scientifiques portent sur des périodes d’activité professionnelle allant jusqu’à 40 ans et ont pu démontrer la relation directe entre l'activité de sapeur pompier et 21 sièges de cancers.

Des liens étroits

Leur synthèse permet d’affirmer l’existence d’un nombre important de mésothéliomes chez les sapeurs pompiers actifs il y a plus de 30 ans, ce qui s’explique probablement par l'exposition à l’amiante. Les scientifiques notent qu’on ne peut, par ailleurs, entièrement écarter un lien avec le cancer du poumon, associé entre autres à ce même type d’exposition, bien qu’il soit moins marqué. Il est également fait état de cas plus fréquents de lymphomes non hodgkiniens (LNH) et de cancers de la prostate chez les pompiers. Certains des articles rapportent des associations avec les cancers de la vessie, du cerveau, de la tête et du cou, des reins, de l’œsophage et de la peau, de même qu’avec la leucémie.

Plusieurs facteurs en cause

Il est parfois difficile de tirer des conclusions précises quant au rapport entre travail et apparition de cancers en raison de la présence de plusieurs autres facteurs de risque. Par exemple, l’organisation du travail des sapeurs pompiers inclut notamment du travail posté (souvent la nuit), selon lequel, les personnels se relaient au même poste. Or, ce mode de fonctionnement est également soupçonné d’accroître le risque de certains cancers.

En conclusion, les données scientifiques des 10 dernières années ont ajouté peu de certitudes. Les chercheurs spécialisés en santé et en sécurité du travail doivent donc continuer de mener des études épidémiologiques, plus approfondies et de longue durée, pour espérer y voir plus clair un jour.