Risques Routiers Professionnels > L’absence de formation fait des dégâts

Risques Routiers Professionnels > L’absence de formation fait des dégâts

Selon un récent sondage IFOP, la majorité des chefs d'entreprise (78%) ignorent que le Risque Routier est la première cause d’accident mortel en entreprise. De plus, ce chiffre reste stable depuis 5 ans ! Cela démontre encore une fois, l'absence d'actions de formation sur les risques routiers et la méconnaissance des mesures de prévention liées à ce risque professionnel, dans les organisations.

En 2019, les statistiques nationales ont montré que 406 personnes avaient perdu la vie sur les routes lors d'un déplacement lié au travail. Cela fait des accidents de la circulation la première cause de mortalité dans le cadre professionnel et ce depuis cinq ans. Parmi ces décès, 300 ont eu lieu sur le trajet domicile / travail !

Toujours dans ce même sondage, seulement 19% des chefs de TPE/PME, ont mis en place des actions de prévention au sein de leur entreprise. Donc là aussi, il y n’a pas d'amélioration. Mais il ne s’agit pas de mauvaise volonté ; lorsqu’ils sont interrogés, 59% des dirigeants expliquent simplement ne pas y avoir pensé. De plus, lorsque les actions de prévention sont présentes, ce sont souvent des actions très basiques et largement insuffisantes, comme la vérification de l’état des véhicules, la validité d'un permis de conduire ou quelques brèves consignes distribuées dans les casiers il y a plusieurs années...

Il faut donc agir efficacement ! Former tous les personnels (92% des salariés utilisent un véhicule pour se rendre au travail) et les managers de proximité à la mise en place de mesures de prévention adaptées au Risque Routier Professionnel.

Les seuls chiffres en évolution positive dans les actions mises en place, sont l’instauration du droit à la déconnexion sur les trajets professionnels et les mentions du Risque Routier dans les DUER - Document Unique d’Évaluation des Risques. Sur ce dernier point, la pratique reste cependant toujours minoritaire et parfois approximative.

La crise sanitaire a favorisé le recours aux véhicules personnels, occasionnant une hausse des comportements à risques (excès de vitesse en particuliers) sur des routes moins fréquentées. D'ailleurs, 7% des dirigeants ont admis avoir mis en place des mesures spécifiques pour favoriser l'utilisation des véhicules personnels.

De nombreuses solutions efficientes peuvent donc être mise en place : Établissement de chartes de bonne conduite, Sessions de formation sécurité routière animée par un Formateur qualifié, Diminution et réorganisation des déplacements, etc… Mais c’est un travail à long terme. La prévention des risques routiers n’est pas forcément prioritaire pour les dirigeants, mais toutes les petites actions peuvent faire une grande différence !

Il doit également être souligné l’émergence de nouvelles mobilités pour les trajets professionnels ; le vélo, la trottinette… C’est une bonne chose pour la planète et la santé des salariés, mais ces pratiques ne sont pas sans risques non plus. Il est donc aussi important d’adapter la prévention aux nouvelles pratiques.

CM France SST
Poitiers, le 8 avril 2021.

Pour en savoir plus, sur la prévention des Risques Routiers :

Impacts de la nutrition sur la somnolence au volant

Impacts de la nutrition sur la somnolence au volant

Une récente étude menée avec le Docteur Frédéric Saldmann, cardiologue et nutritionniste, et le professeur Fabrice Bonnet, médecin endocrinologue, auprès d’automobilistes en situation réelle de conduite grâce à un simulateur a permis d'évaluer les risques d’hypovigilance après le repas (phase post-prandiale), après un jeûne séquentiel, un repas normal ou hypercalorique.

La somnolence au volant

⊙  1ere cause de mortalité sur la route, impliquée dans 1/3 des accidents mortels ;
⊙  Très rarement évoquée dans les diverses campagnes de prévention ;
⊙  C'est la cause des périodes de micro-sommeil de 1 à 4 secondes : 4 secondes, c’est 150 mètres parcourus si on roule à 130km/h (Source IFSTTAR).

Des dangers sous-estimés :

52 % des parents ont déjà conduit en étant fatigué ;

3 conducteurs sur 10 sous-estiment les effets de la fatigue sur leur conduite ;

Parmi les raisons qu'ils évoquent :

⟶  55 % ont l’impression de gérer la fatigue ;

⟶  18 % pensent que s’arrêter ne changera rien.

Des causes multi-factorielles :

Les causes de la somnolence peuvent aussi être dû à plusieurs facteurs. La déprivation de sommeil, la consommation de certains médicaments, l’environnement du véhicule et le statut nutritionnel du conducteur en font partie.

Les repas
Trois situations ont été testées : jeûne séquentiel, repas "normo-calorique" et repas "hyper-calorique" (1531 Kcal) avec différents types de repas.

A - Jeûne séquentiel
A jeun depuis la veille au soir.

B - Repas normo-calorique
V1 : émincé de poulet (350g) + légumes à l’italienne (343 Kcal), 1 yaourt (90 Kcal) pour un total de 533 Kcal ;
V2 : pâtes au saumon et poireaux (300g = 393 Kcal), 1 yaourt (90), 1/2 pomme (22 Kcal) pour un total de 505 Kcal.

C - Repas hyper-calorique
V1 : chips (30g - 151 Kcal), saucisson sec (1 tranche de 15g - 63 Kcal), hamburger fromage/jambon (400g – 724 Kcal), fromage (160 Kcal), moelleux au chocolat (90g - 405 Kcal) pour un total de 1503 Kcal ;
V2 : chips (30g - 151 Kcal), saucisson sec (1 tranche de 15g - 63 Kcal), 1 tranche de jambon cru (50g - 143 Kcal), parmentier de boeuf charolais, écrasé de pommes de terre au comté (330g - 545 Kcal), fromage (203 Kcal), moelleux au chocolat (90g - 405 Kcal) pour un total  de 1503 Kcal.

Ainsi, l’étude démontre clairement l’impact très important de l’apport nutritionnel, en dehors de toute prise d’alcool ou de restriction de sommeil, sur la vigilance du conducteur. "La vigilance au volant commence dans son assiette. L’étude démontre, pour la première fois, qu’un repas léger et une bonne hydratation augmentent la vigilance. Les repas trop copieux sont à proscrire car ils ont tendance à aggraver la somnolence. A éviter aussi, les aliments trop gras et trop sucrés et mangez lentement pour améliorer la digestion. Plus on sera vigilant, moins il y aura d’accidents." conclut le docteur Frédéric Saldmann.

Pour prendre la route en sécurité, en complément d’une alimentation équilibrée, le comportement du conducteur est primordial. Il est indispensable de dormir suffisamment la veille du départ et de faire régulièrement des pauses sur la route, au moins toutes les 2 heures et aux premiers signes de somnolence.

Les conseils

Voici quelques conseils à mettre en pratique avant de prendre la route et pendant le trajet.

  • Se nourrir correctement et s’hydrater ;
  • Partir reposé : éviter les nuits trop courtes ou les horaires décalés ;
  • Éviter les heures où le risque de somnolence augmente (entre 13h et 16h et entre 2h et 5h) ;
  • Se relayer entre conducteurs pour alterner les périodes de repos et de conduite ;
  • Faire des pauses de 15-20 minutes toutes les 2 heures ;
  • Pas d’alcool avant et pendant le trajet ;
  • En cas de prise de médicaments, vérifier leur compatibilité avec la conduite.

L’importance d’une bonne hydratation pendant un trajet

L’eau est indispensable à l'ensemble des processus vitaux de l’organisme, et ne doit pas être négligée. Il est plus que nécessaire de s’hydrater régulièrement. Lorsque la sensation de soif se fait ressentir, il est déjà trop tard : fatigue, faiblesse musculaire, manque de concentration… sont déjà installés. L’organisme a alors plus de difficultés à effectuer des tâches, le cerveau étant sensible aux pertes hydriques.

En voiture, qu’il fasse chaud ou froid, notamment avec l’usage de la climatisation, il est essentiel de boire régulièrement de l’eau, en gardant une bouteille à portée de main. Une bonne hydratation est garante d’une meilleure vigilance sur la route.