Le directeur de la DGS demande à chaque ARS de déclencher le plan ORSAN REB et aux 38 établissements de santé habilités Covid-19 (établissements de santé de première ligne) de se mobiliser au niveau 1.

La situation internationale préoccupante doit nous inciter à renforcer les mesures d’endiguement afin d’être prêt à réagir à tout moment à la prise en charge d’une chaine de transmission sur notre territoire. C’est à ce titre, que le Pr Jérôme SALOMON (Directeur Général de la Santé) a demandé à chaque ARS de déclencher le plan ORSAN REB afin de mettre en œuvre les mesures adéquates prévues dans le volet REB de leur plan de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles.

Ces établissements doivent être en alerte permanente pour assurer la prise en charge des patients cas possibles et le cas échéant, les cas confirmés. Il est demandé de relayer ce message de mobilisation auprès de ces établissements et de signaler toute difficulté de mobilisation.

Les SAMU-Centre 15 sont au cœur du dispositif de réponse. La désignation dans chacun des SAMU d’un référent médical de crise est importante pour assurer la permanence du contact avec le SAMU zonal, l’ARS, la médecine de ville et les établissements de santé. Cette fonction est aussi garante de la mise à jour des consignes, procédures et de la diffusion des messages institutionnels mais aussi de l’organisation de la montée en puissance du SAMU-Centre 15. Dans cette période très évolutives, il convient que les SAMU-Centre 15 soient particulièrement vigilants à des situations hors cadre de la définition de cas.

Malgré toutes ces mesures mises en œuvre, l’évolution internationale de l’épidémie liée notamment à la contagiosité du virus rend probable l’installation d’une circulation active du virus sur le territoire national. L’épidémie qui en découlerait imposerait la mobilisation de tous les professionnels de santé. Cette évolution notamment en Italie requiert de se préparer d'ores et déjà activement au passage en phase de circulation active du virus.

En effet, les caractéristiques du virus (R0 > 2 voire 3, intervalle intergénérationnel court = 4,5 jours et taux d’attaque nettement supérieur à celui de grippe saisonnière sur une population naïve (> 10%), durée moyenne d’hospitalisation de 11 jours +/- 4 jours [15 jours pour les formes sévères]), font du SARS-CoV-2 un virus au fort potentiel épidémique avec impact fort sur notre système de santé.

Cette phase épidémique nécessitera le passage à une stratégie d’atténuation qui repose sur 3 actions essentielles que sont :

La prise en charge des formes sévères et graves dans les établissements de santé (1ère ligne, 2ème ligne, voire 3ème ligne). D’après les données dont nous disposons actuellement, l’incidence des cas est maximale chez les personnes de plus de 50 ans avec 14% de formes sévères et 5% de formes graves nécessitant une hospitalisation. Dans ce cadre, les estimations du nombre de patients à prendre en charge en réanimation serait très supérieures aux épidémies de grippe saisonnière les plus sévères que nous avons connues jusque-là. Il convient donc qu’une stratégie soit identifié au plus vite dans chaque établissement de santé pour organiser la prise en charge de ces patients. La préparation des établissements de santé à cette épidémie est essentielle notamment en identifiant les circuits et les secteurs de prise en charge des patients malades, l’organisation des soins et de la continuité d’activité. Il s’agit aussi de travailler sur des structures d’aval de type SSR afin de libérer le plus rapidement possible les lits de soins aigus  ;

La prise en charge des formes modérées en ambulatoire (81% des malades) en médecine de ville. Une organisation doit être mise en place entre les professionnels de santé libéraux (médecins, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pharmaciens, …), services d’hospitalisation et de soins à domicile dans chaque région et déclinée dans chacun des territoires. Dans ce cadre, le SAMU-Centre 15 a un rôle essentiel pour la régulation médicale et la coordination des différents acteurs dans un objectif de « juste soin » afin notamment de ne pas saturer les établissements de santé. il s’agit d’organiser la montée en puissance des SAMU-Centre 15, de la régulation de l’AMU et de la PDSA, de développer la téléconsultation, d’imaginer des équipes ambulatoires dédiées ;

La préservation des personnes fragiles en établissements médico-sociaux. Il s’agit dans ces structures de prise en charge de personnes fragiles (personnes âgées, personnes handicapées) de prévenir, contenir le cas échéant, la transmission et d’assurer dans la mesure du possible la prise en charge des malades dans ses structures afin d’éviter de saturer les établissements de santé en renforçant leur médicalisation en lien avec la médecine de ville.

Une task Force interministérielle est en cours de constitution. Placée aux côtés du DGS, elle permettra d’assurer la cohérence de la réponse interministérielle et prendre toute mesure adaptée.

Un appel aux professionnels de santé retraités va être lancé pour inciter aux Consœurs et Confrères retraités à se mobiliser dans le cadre de la réserve sanitaire auprès de Santé publique France. Le DGS souhaite un relais de cet appel pour ainsi faciliter la constitution de cette force, essentielle pour assurer la montée en puissance du système de santé face à cette situation sanitaire exceptionnelle.

> Le 23 Février 2020