Tous les jours, les sapeurs pompiers sont exposés à de nombreux risque : substances chimiques généralement issues des produits de combustion lors des feux, à des agents biologiques ou encore physiques. Ils sont également confrontés à des contraintes organisationnelles, comme le travail en horaires décalés, et psychosociales, incluant une exposition aux violences. En ce mois d'octobre 2019, une étude vient dresser un large état des lieux sur la question des risques sanitaires liés aux activités des pompiers. 

Des risques multiples

Au-delà des risques liés à l’inhalation de fumées toxiques lors des incendies et de la pénibilité physique du métier, les sapeurs-pompiers sont également confrontés à d’autres expositions : virus, bactéries, moisissures ou encore le risque bruit, les températures et les pressions extrêmes. Ils sont également soumis à des contraintes organisationnelles comme le travail de nuit ou en horaires décalés, à des contraintes psychosociales et doivent parfois faire face à des violences. La multiplicité de ces expositions peut contribuer à l’augmentation des accidents et au développement de certaines pathologies.

Risques chimiques et contraintes organisationnelles

Les mesures de prévention actuelles concernant le risque chimique sont essentiellement centrées sur la phase active de la lutte contre l’incendie. Or, le risque d’exposition à des émanations toxiques est toujours présent même lorsque l’incendie est éteint, pendant les phases de surveillance, d’enquête, de déblai et y compris lors du retour en centre de secours, par la contamination des équipements, du matériel ou des véhicules, par les suies voir même les eaux d’extinction. La prise en compte des risques chroniques encourus par les pompiers pendant et après les interventions de lutte contre l’incendie doit ainsi être renforcée.

Les risques liés aux contraintes organisationnelles, parmi lesquelles le travail de nuit (garde de 24h) ou en horaires décalés ainsi que les risques psychosociaux (RPS) ne doivent pas être négligés. En 2016 une évaluation des risques sanitaires liés à ces contraintes de travail recommandait déjà l’optimisation des modes d’organisation du travail de nuit, afin d’en minimiser les impacts sur la vie professionnelle et personnelle.

S’agissant plus spécifiquement des risques psychosociaux (RPS), le constat est que certains pompiers s’engagent pour une activité principalement liée à la lutte contre l’incendie et vivent mal la réalité du métier, où la majorité des interventions correspond à du secours d’urgence aux personnes. Ce décalage dans la perception du métier peut conduire à une certaine souffrance au travail. Plusieurs pistes de réflexion ont été évoquées comme l’amélioration de l’information lors du recrutement ou l’instauration d’une réflexion sur l’organisation des métiers au sein des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).

Le suivi épidémiologique

Il existe peu d’études épidémiologiques sur la santé des sapeurs-pompiers. Les données issues des dossiers médicaux disponibles notamment dans les SDIS indiquent principalement des atteintes ostéo-articulaires et/ou musculaires, des contusions ou hématomes. Par ailleurs, les données du Réseau national de vigilance et de prévention des pathologies professionnelles (RNV3P) font état notamment de pathologies respiratoires et des atteintes psychiques telles que des épisodes dépressifs ou anxieux.

Ce rapport recommande la mise en place d’une base de données permettant de centraliser les données de surveillance médicale des pompiers professionnels, militaires ou volontaires, ainsi que le suivi de leurs activités, qui permettrait d’améliorer les connaissances sur leur santé, la traçabilité des expositions et d’identifier les activités les plus risquées. Il est important que cette base de données puisse intégrer le cumul des différentes activités des sapeurs-pompiers professionnels exerçant également des activités de sapeurs-pompiers volontaires lorsque c’est le cas. Enfin, il recommande également de s’assurer de la mise en place effective d’un suivi médical post-professionnel des sapeurs-pompiers afin de mieux prévenir les risques à plus long terme après la cessation de leurs activités.