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Selon une étude récente, les troubles psychiques reconnus comme accidents de travail (AT) ou maladie professionnelles (MP) sont en augmentation. En comparaison avec l'année 2011, ces troubles sont en hausse de 61%. Ils représentent maintenant plus de 10 200 cas reconnus comme accidents de travail et 650 comme maladies professionnelles.

Les chiffres actuels :

  • Les AT sont de 112 jours pour les troubles psychiques reconnus (deux fois plus longs que pour la moyenne de tous les AT) et de 400 jours pour ceux reconnus comme MP ;
  • Le coût pour l’Assurance Maladie (AMRP) associé est d'environ 230 millions d’euros ;
  • 58% des cas concernent les femmes, une population en moyenne plus exposée aux RPS (risques psychosociaux) ;
  • Les RPS au travail sont retrouvés essentiellement dans les secteurs professionnels de la médecine, du social, des transports de voyageurs et dans le commerce de détail.

Toutefois, ces chiffres ne permettent pas d’avoir une vision exhaustive de la souffrance psychique associée aux conditions de travail. Plusieurs raisons l'expliquent : la difficulté de faire reconnaitre certains troubles comme maladies ou accidents du travail (opposition de l’employeur, craintes de l’employé et/ou procédure administrative complexe) et le statut menacé des médecins du travail en charge de la reconnaissance du lien.

Evolution des RPS de 2013 à nos jours

Dans une étude de la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du Ministère du Travail), où 27 000 personnes travaillant dans le secteur privé et public ont été interrogées, les experts montrent que :

  • L’impossibilité de quitter son travail des yeux (hausse de 4% entre 2013 et 2016) ;
  • Un nombre croissant de salariés qui est en contact avec le public (62% en 1998 contre 73% en 2016, principalement dans la fonction publique d’Etat et la fonction publique hospitalière) les oblige, pour 46% d’entre eux, à devoir côtoyer des personnes en situation de détresse et pour 54% d’entre eux devoir être obligé de calmer des individus ;
  • Le travail dans l’urgence continue à augmenter et notamment pour les femmes travaillant dans les emplois administratifs et les employés de commerce et de service ;
  • Les normes de production à satisfaire en une journée tendent à augmenter tout comme le rythme de travail (compression des délais) ;
  • Le travail tend à devenir légèrement plus répétitif (43% des sondés en 2016 contre 41% en 2013 et 27% en 2005) ;
  • Une augmentation de 3% entre 2013 et 2016 de la nécessité de devoir abandonner une tâche pour une autre plus urgente chez les femmes.

Cependant, les 3 facteurs de risques psychosociaux que sont la charge mentale, les exigences émotionnelles et les conflits de valeur sont en légère baisse. La DARES explique notamment que “le recul de ces risques peut résulter d’une plus grande attention des managers et des salariés aux conflits interpersonnes au travail dans le cadre d’une sensibilisation médiatique et politique du harcèlement moral et aux risques psychosociaux”.

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte (augmentation des risques psychosociaux, recul de l’inhibition chez les salariés pour faire reconnaitre leur trouble psychique, encouragement des employeurs, reconnaissance plus importante du lien) et leur influence relative sur le phénomène de la reconnaissance des troubles psychiques dans le travail reste encore à élucider. En France, ce sont aujourd’hui les lombalgies et les troubles musculo-squeletiques (TMS) qui sont reconnus majoritairement comme AT ou MP. Chaque année, leur coût associé est de 1,8 milliard d’euros pour l’Assurance maladie (AMRP).